Le Cycle Arthurien de Stephen LAWHEAD

Voici un cycle en 5 volumes consacrés à la légende arthurienne. C’est une version parmi d’autres que j’ai eu le loisir et le plaisir de lire. Je l’ai dévorée de nombreuses fois, car l’épopée des chevaliers de la Table Ronde prend ses racines des décennies avant la naissance d’Arthur. Ainsi, le lecteur a le temps de se familiariser, de s’imprégner du contexte de ce cette Bretagne, tout en attendant l’apparition de Merlin, puis d’Arthur.  Ce n’est pas pour autant un gage de version ou interprétation parfaite, mais j’ai un faible pour cette histoire parfois épique, parfois violente, toujours attachante .

 Tome 1 : Taliésin

Une des forces de Stephen Lawhead réside en sa faculté de faire revivre des figures historiques ou mythiques du passé. C’est le cas de Taliésin qui fut un poète celte du VI° siècle.  Mythe et Histoire se rejoignent d’ailleurs, Taliésin est surnommé le Chef des Bardes de Bretagne.
Notre auteur, lui réserve une entrée remarquée dès le début du cycle. En effet, le chef d’une village de pêcheur le trouve au bord de l’eau, sans connaître ses origines mais se doute qu’il ne s’agit pas d’un nourrisson ordinaire. Après cela, l’énigmatique Taliesin bouleverse la vie de son père adoptif, et bien plus encore, toute celle de la communauté. Promis très jeune à un brillant avenir de druide, il engendrera à son tour un personnage de légende…
Taliesin est un personnage intense, d’une vitalité communicative. C’est un être de lumière. La naïveté initiale du jeune homme cède au fur et à mesure du récit et des diverses épreuves. Au final, le lecteur assiste à l’éclosion d’un barde talentueux.

Tome 2 : Merlin

Merlin, fils de Taliesin, est un personnage hors du commun. Ce roman reprend la trame classique de la légende arthurienne, mais nous fait découvrir un Merlin très différent de celui de l’imaginaire collectif. Ici, il est plus proche des contes bretons (en opposition avec Excalibur), à la fois fascinant et effrayant, empreint d’un mélange de paganisme et de chrétienté. Ce Merlin possède une grande part d’ombre, de noirceur même. Ainsi, le personnage est plus coloré, plus ambigu que la plupart des mentors du futur roi Arthur.
Le monde, les habitants sont en train de changer alors que la chrétienté s’ancre en pays celtique. Forcément, des tensions surgissent, des frictions s’enveniment, et le sang finit par couler. Côté action, les conflits entre différentes factions s’intensifient et nous offrent de beaux moments de bravoure.Ce tome est très rythmé, peut-être un peu plus sombre que le précédent. L’auteur possède toujours cette faculté un récit à l’image des ménestrels d’autrefois qui convient parfaitement au cycle.

Tome 3 : Arthur

Est-il besoin de présenter le Roi Arthur ? Il est le sujet de tant d’œuvres multimédia que cela semble futile. Des marqueurs communs à tous : courage, détermination, charisme.
Dans ce tome, c’est un Arthur à la fois classique – on y retrouve les éléments célèbres de la légende – et totalement original, qui ne ressemble en rien au fameux film avec Robert Taylor, ou à l’Excalibur ou à la version Roi Arthur (2004).

Le personnage est plus noble, plus torturé, plus hésitant et du coup, plus héroïque et plus tangible que certaines versions vues ou lues.  C’est Pelleas le narrateur qui nous livre l’enfance et les premiers pas du futur Roi dans les allées du pouvoir. C’est un prince guerrier, fidèle amitié, qui œuvre pour l’intégrité de son pays.
Les descriptions des scènes de bataille sont à couper le souffle, le lecteur vit cette aventure en compagnie des chevaliers de la table ronde.

Les personnages, même secondaires ont de la saveur et de consistance, le style fluide et la traduction excellente!

Tome 4 : Pendragon

La suite des aventures d’Arthur et de ses chevaliers. Il cherche à consolider son pouvoir, lutte contre les tribus ennemies, tente de pacifier les relations entre les diverses factions. Une œuvre d’unification de la Bretagne colossale.

Ce roman conserve sa part de classicisme et son originalité, piochant dans des contes plus antérieurs(oraux pour la plupart) pour donner du corps et de la matière au récit. Mais, l’intrigue est moins soignée que dans le roman précédent. Je trouve ici l’histoire plus noire, plus mélancolique. Il y a davantage de longueurs que dans les tomes précédents.

Les protagonistes principaux bien présents et attachants, ainsi que l’ensemble des chevaliers de la Table Ronde, et c’est en partie grâce à cet aspect que l’intérêt du roman se maintien de bout en bout.

 Tome 5 : Le Graal

Nous arrivons au bout de la route, et à la suite logique du cycle arthurien : la recherche du Saint Graal.
Le savant mélange de classique et d’originalité , de spiritualité et de paganisme sont encore d’actualité, avec un peu moins d’équilibre, mais, la magie opère toujours. En revanche, l’intrigue est moins prenante et les rebondissements sont (bien) trop prévisibles.

Ce dernier volume est le moins réussi de la série. Les défauts précédents sont plus visibles : longueurs, quelques maladresses, manque d’équilibre. Il n’en demeure pas moins les qualité d’écriture et l’envie de connaître la fin de l’histoire. Bref, depuis 2 tomes, j’ai eu la sensation que l’auteur tirait un peu sur la corde, et que 4 tomes aurait du suffire. Le rythme aurait été un plus vif sur le final.

Pour résumer
La plume de l’auteur est agréable, épique et parfois lyrique. le reproche récurrent que je fais à ce genre de cycle, ce sont les quelques longueurs qui se trouvent  ici ou là. Certes, il est possible de ne voir qu’une énième ré-écriture du légendaire cyle et pas forcément la plus originale ou la plus novatrice. Toutefois, l’enthousiasme qui transpire à travers les protagonistes, l’action et les combats qui rythment les différents tomes rendent le tout enchanteur!
Parallèlement aux protagonistes, Stephen Lawhead brosse la mutation de la Bretagne celtique avec la chute de l’Empire romain et l’arrivée du christianisme dans les îles Britanniques.
Pour moi, un des meilleurs cycles arthuriens. Souffle épique, imagination, richesse de l’intrigue, profondeur des personnages.

Une pépite pour les amoureux de la légende arthurienne, et pour les amateurs des cycle vif et plein de vitalité.

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