Le couteau du partage – Lois McMaster Bujold

McMaster Bujold sait faire du « recyclage » avec un style limpide, une maîtrise  continue de son récit. Ce cycle en est une nouvelle fois la preuve, car elle parvient à créer un univers fantasy différent des séries et trilogies actuelles (pas forcément mauvaises ou intéressantes, certaines sont même très plaisantes, mais manque d’originalité).

Cette aventure relate la rencontre de deux conceptions de la vie, entre une « fermière », issue d’un peuple sédentaire, et un « marcheur du lac » d’un peuple nomade, mage et guerrier. Les marcheurs du lac se sont assigné la mission d’effacer de la surface de la « Terre » toute créature malfaisante. Ici, non plus, rien de particulièrement nouveau.
Ainsi, Enchantement, le premier tome, les chemins de Faon (elle) et du vétéran manchot, Dag (lui), vont-ils se croiser et s’imbriquer dans des circonstances dramatiques et dangereuses.Un couteau spécial va lier leur destin et précipiter l’inévitable.

 

Du coup, le lecteur de cette chronique peut se demander en quoi Le Couteau du Partage de Bujold McMaster se démarque des autres livres de fantasy. Nous avons des protagonistes proches de l’archétype, un artefact magique, une trame cousue de fil blanc et un but des plus classiques. La patiente et agréable mise en place de cet univers, de ses propres codes et coutumes pallie ce manque d’originalité apparent. L’auteur nous livre un ensemble très cohérent, une ambiance dans laquelle nous nous glissons aisément. L’autre aspect positif est le soin apporté à l’écriture des personnages, à leur donner profondeur et vie. Exit la jeune femme en détresse ou le parcours initiatique avec découverte de ses forces. Faon est certes jeune, mais c’est dès le début une femme déterminée, têtue même, avec des convictions et un vécu. Quant à Dag, c’est un marcheur expérimenté, solitaire sans être une cause perdue en mal de rédemption. Faon est d’un tempérament très nature qui peut flirter parfois avec la niaiserie,  ce qui provoque des scènes tantôt amusantes tantôt poignantes.

Les autres personnages sont très bien rendus, vivants et attachants – ou pas-, avec des caractères différents et tout à fait crédibles.

Le premier tome est très axé sur les personnages et leurs relations sans doute au détriment de l’intrigue elle-même, du coup le rythme du récit s’en trouve impacté. C’est  un peu trop long dans la mise en place, et les scènes d’action sont isolées, entre des phases d’exposition et d’interactions.

Cela reste un bon roman, mais en deçà de ce que l’on peut attendre de l’auteur de la saga Vorkosigan.
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6 réflexions sur “Le couteau du partage – Lois McMaster Bujold

  1. Ping : Avril 2016, ne te découvre pas d’un livre! – Albédo

    1. McMaster Bujold a une plume agréable et du métier. Elle a écrit la saga Vorkosigan qui est splendide et bourrée d’humour. Je souhaite que tu aimes. Après, j’ai laissé tomber Le couteau du partage au tome 2, un air de déjà lu.

      Aimé par 1 personne

  2. Ping : Héritage – Lois McMaster Bujold – Albédo

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