Bankgreen – Di Rollo

Bankgreen de Thierry Di Rollo

Le style de Di Rollo est bien présent quelque soit le genre dans lequel il choisit de nous livrer sa prose. L’écriture est envoûtante, la plume très poétique. L’auteur décrit une Bankgreen d’une beauté étrange et fascinante, toute une atmosphère ouatée blanche et mauve (sauf la nuit), mais rude et dangereuse. En fait Bankgreen qui pourrait être considérée comme le personnage principal de l’œuvre, semble à la fois fragile et délicate, mais également traître et implacable.

Le roman est parsemé de quelques «vignettes» – sur les entités, sur la veuve d’un guerrier, etc..- qui associées au style de l’auteur forment une série de haikus des plus relevés. La litanie «Sur Bankgreen tout à une raison» renforce la poésie du texte en le rythmant régulièrement. Elle sert également à justifier l’exploitation des peuples (les mineurs, les rats éborgnés, etc..) par des dirigeant de ce monde-là, et parfois, elle est utilisé jusqu’à l’absurde.

Néanmoins, le thème principal, récurent dans l’œuvre de Di Rollo est la mort. Nous l’abordons en compagnie de Mordred. Le varanier parcourt Bankgreen à la recherche d’un sens à son immortalité – suite à la disparition de tous ces compagnons varaniers. Une position d’autant plus paradoxale que Mordred voit la mort «partout» : il connait les circonstances de la mort de chacun des êtres qu’il croise… A l’unisson de ce dernier, le lecteur fait sienne cette quête.

Cependant, à la différence des autres romans de Thierry Di Rollo que j’ai lu, l’univers de Bankgreen n’est pas dénué d’espoir, certes fragile, mais bien réel.

Bankgreen est donc un roman de Fantasy d’une profondeur rarement atteinte. Il est écrit avec beaucoup de poésie, et l’auteur nous livre un roman d’une grande beauté. On pourrait éventuellement reprocher que cette association entre un récit poétique et un univers fascinant mette quelque peu l’intrigue au second plan, mais cela serait vraiment chipoter.

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6 réflexions sur “Bankgreen – Di Rollo

  1. Un récit de fantasy vraiment particulier, plein de poésie (j’ai encore en tête le prologue, magistral !).
    « Bankgreen » vaut plus pour son ambiance, son atmosphère, que pour son intrigue (ce qui ne l’adresse sans doute pas à tout le monde…), mais si on accroche, c’est un très joli voyage qui s’offre à nous.

    Aimé par 1 personne

    1. Je suis entièrement d’accord avec toi. L’ambiance rendue par Di Rollo est magistrale. Je pense également que les lecteurs qui cherchent une fantasy plus classique ou dirigée vars l’action risquent d’être déçus. Je vais me procurer la suite.

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  2. Ping : Juin 2016, sans jus ni soleil – Albédo

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