Austral de McAuley, une purge

Bragelonne

Fin du XXIe siècle. Suite aux ravages causés par le réchauffement climatique, la péninsule Antarctique héberge désormais les populations survivantes. Un groupe d’activistes a génétiquement modifié l’écosystème afin de survivre, avant de faire de même pour ses propres enfants.
Austral Morales Ferrado est une husky : une personne modifiée pour s’adapter au climat impitoyable du pôle Sud, redoutée et méprisée par la majeure partie de la population. Elle a été détenue, puis surveillante d’un camp de travail, avant de frayer avec un criminel. À présent, par désespoir, elle vient de commettre l’enlèvement politique du siècle.

Trois incitations me poussaient à lire ce roman. La première était la réputation de l’auteur publié entre autre dans la collection UHL, ma lecture probante d’Une Guerre Tranquille et enfin l’avis de nul autre que le grand Baxter que je cite : « le meilleur récit de science-fiction à ce jour. »

Forcément avec de tels atouts, ma curiosité et mon avidité de SF ont balayé tout entendement et j’ai acheté le roman sans prendre le temps de lire un avis, comme j’aime faire régulièrement. Que dire d’une telle déception ?

Je suis allée jusqu’au bout, incrédule que j’étais, car Baxter ne pouvait pas avoir commis un mensonge aussi éhonté, le livre devait recéler une rare pépite, si ce n’est au début, ni au milieu, c’était à la fin, à la toute fin… au dernier paragraphe….

…A la dernière ligne ?

Que néni! Que dalle! Une purge!

Commençons par le personnage principal, Austral, d’origine américaine, une « husky ». Petite remarque accessoire : en Amérique du Nord, le chien de traineau indigène est le malamute d’Alaska, le husky provient de Russie, de Sibérie. Donc, Austral qui entretient une relation purement sexuelle avec le caïd de la prison – dont elle est un membre du personnel – sait pertinemment que ce dernier la fréquente uniquement par intérêt, nous pouvons en déduire que la fierté ne l’étouffe pas, ni un minimum d’éthique (si encore elle était folle amoureuse…). De plus, elle participe à son évasion de mauvaise grâce certes, mais elle lui prête quand même main forte. Au passage, elle enlève sa cousine qui est sur place, puis se fait la malle à son tour.

Austral ne brille pas par son charisme, ni par la richesse de sa conversation, et encore moins par l’intérêt qu’elle fait naître au lecteur. Elle s’apitoie sur son sort, se laisse ballotter par les événements sans jamais chercher à prendre la main ce qui l’a conduite elle aussi en prison, elle se complait dans cette posture.

Quant au récit lui-même, et bien il est à la hauteur du personnage, nous assistons à une poursuite, une chasse à la femme avec son lot d’embûches. Le point particulier est l’univers dans un futur à moyen terme, forcément dans la lignée d’un cataclysme climato-écologique qui ne rend propice à la vie que les terres arctiques. Même sur ce point, rien ne rend le roman original, ou intéressant.

Les flash-backs n’apportent guère au récit, si ce n’est quelques vagues justifications, avec des écopoètes qui souhaitent refaire le monde et façonner cette contrée en terre exemplaire (égalité, justice, discrimination mais « positive » comme si cela n’était pas une discrimination…, environnement, entraide, ect…), dans le lot, les parents d’Austral.

Les idées épousent celles de notre temps sans guère plus de remarquables et sans réellement faire l’effort de nous faire participer à une réflexion, car, c’est fournit avec le roman. La discrimination, c’est mal, la misogynie, c’est mal, etc….

Bref, un ennui total, et même une certaine gêne naît ai fil des pages. Cette lecture a tellement maltraité ma SF, que l’envie d’en lire m’a désertée pendant quelques longues semaines. Qu’ un auteur de l’envergure de Baxter commette un copinage de cet ordre a déstabilisé ma foi et mon admiration envers ces grands auteurs. J’en ai conclu qu’il y avait sans doute une erreur de traduction, ou un raccourci avec sa citation, qui ne devrait être que » le meilleur récit de science-fiction DE ce jour« , et le seul de la journée…

Conclusion : Fuyez, pauvres fous!!

Enfin si vous souhaitez faire l’expérience par vous même…

Austral

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15 réflexions sur “Austral de McAuley, une purge

  1. En même temps, Bragelonne…
    J’aime beaucoup la façon dont tu écris tes retours négatifs, ils sont clairs et ne laissent pas de place au doute ! Dommage quand même que tu te sois infligée cette purge mais pas surprise de cet aspect copinage que tu évoques, c’est très courant hélas. Je ne m’y fie plus. Baxter n’a probablement même pas lu le livre et son agent aura vendu son nom au plus offrant 🤷 j’ai toujours vu ces pseudo recommandations comme des arnaques perso, je les suis rarement après plusieurs déconvenues semblables à la tienne.

    Aimé par 1 personne

  2. Biim !
    En voilà un qui ne passera pas par moi (de toute façon le thème ne m’intéressait pas). Triste que tu aies dû te coltiner ce boulet jusqu’au bout.
    J’ai beaucoup aimé son UHL. Je me souviens avoir demandé à Olivier Girard s’il comptait publier les autres textes dans le même univers. Il m’a répondu « heu… non. Pas du tout mon genre ».

    Aimé par 1 personne

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