Dragon – Thomas Day

Dragon de Thomas Day

Le Bélial

Heure-lumière

 

Bangkok, ou Sodome et Gomorrhe dans un futur proche.

Ça matraque dur dès les premières lignes, histoire de happer le lecteur dans une Asie du Sud glauque et loin d’être le paradis exotique de nos rêves. Pas le temps de se remettre d’une première série d’exécutions, que nous voilà ballottés dans un autre pan du récit, plongeant avec frissons et horreur dans un bordel d’enfants tous plus jeunes les uns que les autres. Puis, Dragon se précise : tueur en série châtiant  pervers et proxénètes.

A ses trousses, l’inspecteur Red Pokemon Rued Pokanon, personnage étrange et complexe.

Lire la suite

Fatherland – Robert Harris

Fatherland de Robert Harris

 

En avril 1964, deux événements concomitants bousculent l’agenda des forces de l’ordre allemandes et de la Kripo (police) en particulier. Pour l’anniversaire du Chancelier Hitler, les Berlinois et l’ensemble des peuples allemands tiennent à fêter dignement cet « heureux » présage. Pour l’Amérique de Kennedy (Joseph et non pas John), le temps de la réconciliation est venu, et l’occasion de mettre fin à la Guerre froide est trop belle. Le sort de Juifs d’Europe ? Sans preuve, que faire de vagues soupçons ?  N’est-ce pas de la propagande soviétique comme le soutiennent les diplomates allemands ?

Ces questions fondamentales ne concernent aucunement Xavier March, officier SS de la Kripo. Sa préoccupation immédiate se concentre sur le décès d’un septuagénaire unijambiste repêché de bon matin à Berlin. Au cours de son enquête, l’inconnu va le mener à un autre corps ainsi qu’à une jeune journaliste américaine, Chalie Maguire.  Ses affaires se corsent quand il découvre l’identité des deux hommes : de hauts dignitaires nazis, et les morts suspectes s’accumulent. Quelqu’un cacherait-il un cadavre (ou des millions) dans son placard ? Le poisson n’est-il pas trop gros pour le policier à l’uniforme noir ?

Lire la suite

John Scalzi

Les enfermés – John Scalzi

Les enfermés de John Scalzi

suivi d’une Histoire orale de la maladie d’Haden

L’Atalante – numérique

A ce jour, je n’ai lu que peu d’œuvres de John Scalzi. Deux pour tout dire. C’est peu pour tirer des conclusions hâtives et définitives. Cependant, il y a un premier constat que je peux faire. L’américain possède un style qui me convient. Je lui trouve une écriture fluide et une bonne capacité à happer l’attention du lecteur.

Lire la suite

Jo Walton

Le Cercle de Farthing – Jo Walton

Le cercle de Farthing de Jo Walton

Trilogie : Le subtil changement

Denoël – Lunes d’encre

Farthing est une pièce de monnaie britannique. Farthing est également le nom d’un cercle politique très influent du même Empire britannique. Un rouge-gorge est l’emblème de ce groupe d’aristocrates. Rouge comme la poitrine de Sir James retrouvé mort, une étoile jaune plantée  dans la poitrine avec son propre poignard, en 1949.

Lire la suite

The City & the City -China MIEVILLE

De China Miéville
Fleuve Noir
Prix Hugo 2010,
Prix Arthur C. Clarke 2010
Prix British Science Fiction 2009
Prix Locus du meilleur roman de fantasy 2010.

Un meurtre odieux. Le corps d’une jeune femme découvert dans une décharge sauvage, abandonnée, souillée, inconnue. L’enquêteur Tyad Borlù pense initialement qu’il s’agit d’une prostitué. Conscient que sur cette base là, peu de moyen seront mis en œuvre pour résoudre ce crime, il décide de pancarter des affiches avec sa photo. Au cas où…

Et, quelques heures plus tard, un mystérieux coup de fil lui offre une piste. Non, ce n’est pas une prostituée. C’est une jeune étudiante en archéologie. Américaine qui plus est…
Et tout porte à croire qu’elle a été assassinée à Ul Quoma, la ville siamoise et TABOUE de Besz. En effet, les habitants de Beszel et d’UI Qoma, villes doubles partageant un même territoire, ont interdiction absolue d’entrer en contact avec leurs voisins. La moindre infraction à cette règle déclenche l’intervention de la Rupture, une force de police secrète dont tous redoutent l’efficacité impitoyable. Les villes doivent s’ignorer de manière naturelle, et ne pas franchir la « frontière » sous peine de « rupture ».

J’ai décidé de relire cette œuvre de China Mieville, la première fois, la déception primait à l’issue de la lecture. Cette fois-ci, mes attentes n’étaient pas aussi absolue. Je l’ai donc abordé avec un esprit plus tranquille.

L’univers de Besz et Ul Quoma sont parfois lugubres, empreint d’une atmosphère de guerre froide, un brin angoissante et excitante également. L’auteur nous tient dans ses filets et ne nous lâche pas jusqu’à la dernière page. L’enquête en elle-même emprunte des voies relativement classiques et nous emmène dans un imbroglio politico-économique un peu flou et b*****.  La sensation de danger qui colle aux basques de l’inspecteur sera omniprésente.

Miéville décrit des villes siamoises cohérentes, et l’attitude de leurs habitants respectifs, les détails qui les différencient d’une façon telle que nous nous y immergeons finalement aisément. Une ville qui nous devient familière au fil des pages, le premier choc culturel absorbé. Oui, car l’auteur ne prend pas les lecteurs que nous sommes pour des imbéciles et leur demande une participation active au fur et à mesure que nous parcourons les rues et que nous apparaissent toute l’originalité et la complexité de cette vie.

Originalité encore dans le comportement des habitants, dans leur façon unique d’ignorer leur voisin, en évisant (éviter de voir) et en inouïssant les bruits, la circulation, les gens, la ville voisine dans sa globalité, comme s’ils n’existaient pas.

Cette deuxième lecture, me laisse une impression similaire à la première. Il est vrai que tout est bien construit, original mais, je trouve ce récit toujours aussi froid, métallique. Je ne parviens pas à  m’y attacher.

En illustration, la ville telle que je l’imagine au début de l’histoire.

Autres critiques : Mes ImaginairesLorhkan