Elantris – Brandon Sanderson

Elantris de Brandon Sanderson

Tome 1 : Edition Orbit – 2009, traduit par PP Durastani, 328p.

Tome 2 : Edition Orbit – 2009, traduit par PP Durastani & A Maillard, 281p.

 

Elantris n’est pas un roman de fantasy classique, il conte les «aventures» d’un prince sans omettre les enjeux religieux, politiques et sociaux du royaume. C’est donc un monde plus complexe et loin de la dichotomie habituelle du genre. Et c’est un changement plus que bien venu! Tout  ne se résume pas à la quête solitaire du héros.

Un autre atout de ce roman est une forme de magie peu courante : l’AonDor. Les personnes bénies par ce don – ou les dieux- ont des capacités spéciales et variées (télékinésie, don de guérison,…); pour cela, il leur suffit de former un idéogramme de manière parfaite. Celle-ci a disparue subitement, plongeant la ville, autrefois céleste, d’Elantris dans la saleté, la misère et l’affliction. Et ceux qui étaient touchés auparavant par la grâce de l’AonDor, le Shaod – se transformant ainsi en quasi divinité quelque soit leur âge ou leur position sociale – se retrouvent désormais maudits et enfermé dans Elantris, la ville des pestiférés.

Nul n’en connaît la raison.

Un jour le Prince héritier Raoden se réveille lui-même atteint par le mal. Fait lourd de conséquences, car l’alliance avec un royaume voisin est du coup mise en péril, les laissant à la merci d’un empire à la religion phagocytaire.

Le prince Raoden,  Sarène sa veuve et  Hrathen sont les trois personnages principaux d’Elantris.
Le prince Raoden est confronté à un sort inique et semble condamné à sombrer dans la folie et le désespoir. La crasse, le chaos, la bestialité et la brutalité règnent dans ce qui a fut autrefois une ville céleste. Cependant, Raoden est un prince, déterminé, et après une brève désorientation, il décide de prendre en charge le sort et le destin des malheureux. La tâche ne sera pas aisée car la folie le guette aussi, et la cité est dépourvue de toute organisation (ou de volonté) et nul n’a réussit à percer le mystère de l’Aondor. Le prince se révèle peu à peu à travers sa volonté, son empathie  et se découvre des qualités de médiateur, d’organisateur et leader.

Sarène est la fille du souverain du royaume voisin. L’union des deux jeunes gens sert à sceller un pacte d’assistance entre les deux nations. Intelligente et intuitive, elle a très peu connu son mari, et reste perplexe à l’annonce de son déces. Les non-dits, et le poids du tabou qui  tombe sur sa disparition la pousse à éclaircir les mystères dont elle est entourée, dont la fameuse cité Elantris…

A Kaë – la ville au pied d’Elantris- Hrathen, un Gyorn (haut-prélat) venu convertir le peuple à la «vraie foi», sur l’ordre du Wyrm, le dirigeant d’un royaume voisin qui cherche à «unir» tous les peuples sous sa bannière et surtout  à sa religion de leur plein gré…ou de force.  Hrathen, très ambitieux et intelligent avant tout, est prêt à tout pour accomplir sa mission… Ces trois personnages nous délivrent trois points de vue de cette histoire.

Le roman est très agréable à lire. La traduction est bonne et fluide. Nous n’avons pas la trame hyper classique de renverser le méchant tyran, ou la quête dangereuse, difficile, délicate, désirable d’un artefact rare et puissant. Non, le monde est un peu plus élaboré, il s’agit dune part d’élucider un mystère et d’autre part de trouver un moyen d’empêcher une conversion de masse ou l’imminence d’une annexion par une puissance voisine.

La trame est bien ficelé, l’intrigue captivante, et les personnages sont tous attachants. La magie de ce monde sans être d’une remarquable originalité, puisqu’il s’agit d’être en harmonie avec la nature physique et la nature intrinsèque de la chose, est un concept déjà vu ( Ursula Le Guin, pour n’en citer qu’une); mais cela reste extrêmement rafraîchissant.
Tout n’est pas parfait cependant.

Le roman a quelques longueurs (habituelle finalement chez Sanderson) et répétitions.  Les personnages manquent une peu d’originalité ( la jolie princesse, l’homme sage, les prêtes combattants), et quelques ficelles sont un peu trop visibles (Hrathen dans Elantris). Je déplore aussi que l’édition française, fidèle à son (horrible) habitude nous ait scindé en deux ce roman d’un seul tenant!!!!

Un roman vivant, une fantasy moderne, une histoire prenante et un tout ne manquant pas d’originalité.

Autres avis : Mes Imaginaires

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8 réflexions sur “Elantris – Brandon Sanderson

  1. Ping : La voie des rois – Brandon Sanderson – Albédo

    1. Pour un premier roman, il est vraiment pas mal. De plus, il ne souffre pas des grosses longueurs auxquelles Sanderson nous habitue dorénavant…. Il a une résonnace à la Ursula Le Guin question magie.

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  2. Ping : Le Chevalier Rouge – Miles Cameron – Albédo

  3. Ping : SF et Spiritualité : HELP NEEDED – Albédo

  4. Ping : Le nom du Vent – Patrick Rothfuss – Albédo

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